FTP² de Van Rysel : ce que cache vraiment le concept bike qui affole le peloton

19 janvier 2026 // Eric

Présenté comme une curiosité radicale, le FTP² a immédiatement déclenché débats et fantasmes dans le monde du cyclisme. Vélo du futur, machine dopée à l’électricité ou simple provocation marketing ?

Derrière ses lignes extrêmes et ses chiffres vertigineux, ce concept signé Van Rysel raconte surtout une autre histoire : celle d’un laboratoire roulant, pensé pour repousser les limites de l’intégration et de la performance système.

À retenir :

  • Vélo concept non commercial et non homologué.
  • Projet R&D servant de vitrine technologique.
  • Vision assumée d’un cyclisme ultra-intégré et assisté.

Un vélo concept, pas un futur modèle de course

Dès le départ, le message mérite d’être clarifié. Le FTP² n’a jamais été conçu pour intégrer le peloton professionnel. Il ne respecte ni les règles UCI, ni la législation e-bike actuelle. Selon les équipes impliquées, il s’agit d’un démonstrateur, présenté lors de salons spécialisés, destiné à explorer des pistes techniques sans contraintes réglementaires.

Selon plusieurs observateurs du secteur, cette liberté totale permet d’aller beaucoup plus loin que sur un vélo de série. J’ai déjà vu ce type de démarche dans l’automobile ou l’aéronautique : des concepts impossibles à vendre, mais essentiels pour tester des ruptures.

Doubler la FTP : une promesse volontairement provocatrice

Le cœur du projet repose sur une idée simple et volontairement choc : doubler la FTP du cycliste. Pour y parvenir, Van Rysel s’appuie sur un moteur Mahle M40, habituellement réservé à l’e-VTT, ici reprogrammé pour un usage routier expérimental.

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Sur le papier, la puissance cumulée permettrait d’atteindre des vitesses largement supérieures aux standards du vélo assisté. Selon certaines sources techniques, le système pourrait multiplier l’effort humain par quatre. Dans les faits, cela place le FTP² hors de tout cadre légal, et volontairement.

Selon les ingénieurs impliqués, l’objectif n’est pas de rouler vite en peloton, mais de comprendre comment le corps, la machine et l’assistance interagissent à très haute vitesse.

Une approche radicale de l’aérodynamisme « système »

Là où le FTP² intrigue vraiment, c’est dans sa philosophie globale. Le vélo n’est plus une somme de composants, mais un système fermé et cohérent. Cadre sans tube de selle, fourche à double structure, géométrie pensée pour la stabilité extrême : chaque choix vise à réduire les perturbations aérodynamiques.

J’ai rarement vu un tel niveau d’intégration sur un projet vélo. Cela rappelle certaines démarches en Formule 1, où cockpit, châssis et équipements du pilote sont conçus ensemble. Ici, le poste de pilotage centralise commandes, éclairage et affichage, dans une logique quasi automobile.

Des équipements volontairement hors normes

Le FTP² ne s’arrête pas au cadre. Il impose aussi une réflexion sur l’équipement du cycliste. Les chaussures, par exemple, suppriment totalement la pédale classique. La semelle intègre directement l’axe de rotation, fusionnant chaussure et pédale en un seul bloc rigide.

Selon les designers, ce choix améliore la transmission de puissance et réduit la traînée. Mais il rend aussi l’ensemble totalement incompatible avec le règlement UCI. Même logique pour le casque à coque additionnelle ou la combinaison renforcée, inspirée de la moto, pensée pour encaisser des vitesses élevées.

« Ce vélo n’est pas là pour tricher, mais pour explorer ce que les règles nous interdisent aujourd’hui. »

Ce que le FTP² révèle vraiment sur la stratégie Van Rysel

Derrière l’objet spectaculaire, le message est clair. Van Rysel, marque performance de Decathlon, cherche à s’imposer comme un acteur crédible de l’innovation haut de gamme. Le FTP² agit comme un manifeste technologique, bien plus que comme un produit.

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Selon plusieurs analystes, ce projet anticipe des tendances lourdes : montée en puissance des e-road, intégration poussée de l’électronique, réflexion globale sur l’aérodynamisme cycliste. J’ai déjà observé ce glissement dans d’autres industries : ce qui choque aujourd’hui devient souvent la norme dix ans plus tard.

Un impact réel, mais indirect, sur le cyclisme de demain

Le FTP² ne roulera jamais sur le Tour de France. En revanche, il influence déjà la réflexion autour des vélos d’entraînement, des plateformes de test ou du cyclisme loisir très performant. Si les cadres réglementaires évoluent, certaines idées vues ici pourraient progressivement se diffuser.

Selon plusieurs experts, l’avenir ne sera pas fait de vélos identiques au FTP², mais de solutions issues de ce type de laboratoire extrême. Et c’est sans doute là que réside sa vraie réussite.

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